Ce texte exhaustif stipule les devoirs des avocats et des cabinets d'avocats tels qu'ils sont inscrits dans la loi camerounaise et le barreau du Cameroun.
Grâce à la force des lois mentionnées ci-dessus et avec la coordination appropriée du président du barreau et du conseil de l'Ordre, dont le but ultime est de maintenir les normes les plus élevées de conduite professionnelle, d'étiquette et de discipline parmi les praticiens du droit dans les situations suivantes, mieux connues sous l'acronyme français Les Devoirs Moraux et de Courtoisie.
Table des matières
- 1 LÉGISLATION, USAGES ET PRÉCÉDENCE APPLICABLES
- 2 Devoirs des avocats et des cabinets d'avocats (Déontologie professionnelle)
- 2.1 1. DEVOIR DE L'AVOCAT ENVERS SON CLIENT
- 2.2 a) Obligation d'accepter un mandat
- 2.2.1 b) Obligation d’accepter un mandat en chambre, sauf cas exceptionnels.
- 2.2.2 c) Obligation de prendre des instructions complètes
- 2.2.3 d) Obligation de divulguer les conflits d’intérêts.
- 2.2.4 e) Obligation de ne pas violer la relation fiduciaire.
- 2.2.5 f) Obligation de donner des conseils francs et honnêtes
- 2.2.6 g) Obligation de garder le secret professionnel.
- 2.2.7 h) Obligation de suivre les instructions des clients
- 2.2.8 i) Obligation de représenter le Client jusqu'à la conclusion de l'affaire.
- 2.3 2. DEVOIR DU CLIENT ENVERS SON AVOCAT
- 2.4 3. DEVOIR DE L'AVOCAT ENVERS LE TRIBUNAL
- 2.5 4. DEVOIR DU TRIBUNAL ENVERS L'AVOCAT
- 2.6 5. DEVOIR D'UN AVOCAT ENVERS SES COMPAGNONS
- 2.6.1 a) Avec le plus grand respect et la plus grande courtoisie
- 2.6.2 b) Tenir ses promesses
- 2.6.3 c) Évitez les pratiques douteuses
- 2.6.4 d) Égalité des avocats ou confrérie
- 2.6.5 e) Obligation de ne pas convertir les clients
- 2.6.6 f) Négocier avec la partie adverse
- 2.6.7 h) Mauvaises relations entre avocats
- 2.7 6. DEVOIR ENVERS L'ADVERSAIRE
- 2.8 7. DEVOIR ENVERS L'ÉTAT DU CAMEROUN
- 2.9 8. DEVOIR DE L'AVOCAT DANS LES AFFAIRES PÉNALES
- 2.10 9. DEVOIR DE L'AVOCAT DANS LES AFFAIRES CIVILES
- 2.11 10. DEVOIR ENVERS LA PROFESSION
- 3 Conclusion
LÉGISLATION, USAGES ET PRÉCÉDENCE APPLICABLES
- Loi n° 90/059 du 19 décembre 1990 relative à l'organisation du barreau ;
- Arrêté N° 41/DPJ/S4/MJ du 12 avril 2005 portant homologation du Règlement intérieur du Barreau.
Devoirs des avocats et des cabinets d'avocats (Déontologie professionnelle)
Ce sont des règles universellement applicables dans Associations du barreau, qu'elles soient d'origine civile ou de common law, mêlées aux pratiques, directives et usages des tribunaux dans la profession juridique.
Ils comprennent :
- Le devoir de l'avocat envers son client;
- L’engagement du client envers son avocat ;
- Le devoir de l'avocat envers le tribunal;
- Le devoir du tribunal envers l'avocat;
- Le devoir de l'avocat envers son confrère;
- Le devoir de l'avocat envers la partie adverse ;
- Le devoir du conseiller juridique de l'État du Cameroun ;
- Le devoir de l'avocat dans les affaires criminelles ;
- Le devoir de l'avocat dans les affaires civiles ;
- Le devoir de l'avocat envers la profession.
1. DEVOIR DE L'AVOCAT ENVERS SON CLIENT
a) Obligation d'accepter un mandat
Dès l'acceptation d'un mandat d'un client, l'avocat doit comparaître en son nom devant le tribunal pour le représenter en robe.
Voir l'article 28 des lois de 1990.
Lord Denning Rondel V. Worsley,
“ Un avocat ne peut pas choisir son client ; il est tenu d’accepter toute personne qui se présente devant le tribunal. ».
Aussi grand fripon que soit le prétentieux, un avocat peut refuser de prendre en charge un dossier dans certaines circonstances, à savoir :
- Non-paiement des honoraires professionnels dus ;
- Cas de pratique spécialisée, par exemple, spécialiste en propriété intellectuelle ;
- Conflit d'intérêts ;
- Désaccord sur la stratégie de défense
- Là où sa conscience ne le permet pas
- Là où son indépendance est bafouée
Voir l’article 51 du Règlement intérieur du Barreau.
Lire aussi : Que faire si vous êtes poursuivi en justice au Cameroun ?
b) Obligation d’accepter un mandat en chambre, sauf cas exceptionnels.
L'avocat ne devrait pas se présenter au domicile du client ni s'y rendre, comme c'est effectivement le cas avec Médecins.
Voir l'article 52 du Règlement intérieur
Exceptions :
- Le client est malade ;
- Lorsque le client est une entreprise
- Toute autre raison valable empêchant le Client de se rendre au Cabinet.
c) Obligation de prendre des instructions complètes
Un avocat doit prendre connaissance de l'intégralité des instructions de son client avant de donner des conseils. Ces conseils sont fondés sur le bien-fondé de l'affaire. Il n'est pas nécessaire de donner au client l'assurance d'une victoire certaine.
- L’avocat doit toujours informer son client de l’avancement de l’affaire ;
- Il existe un conflit d'instructions entre le client et son avocat : si le client obtient gain de cause, l'avocat doit se retirer du dossier conformément à la loi.
Voir l'article 51 du Règlement intérieur
d) Obligation de divulguer les conflits d’intérêts.
Une fois mandaté, l'avocat ne doit avoir aucun conflit d'intérêts avec son client, sous peine de contravention à l'article 56 du Règlement intérieur. En cas d'intérêt personnel, l'avocat doit le divulguer intégralement.
par exemple :
- Un avocat ne devrait pas représenter une société en liquidation s'il est lui-même débiteur ou créancier.
- Lorsque l'avocat est un parent ou le fils du juge qui préside l'audience, les intérêts de son client risquent d'être compromis.
En Angleterre, la pratique veut qu'un avocat ne comparaisse pas devant les juridictions inférieures si l'audience est présidée par un de ses parents. Devant les juridictions supérieures, la question des liens familiaux est sans incidence. Au Cameroun, dans le système de droit civil, l'expérience montre que les liens familiaux ne constituent pas un obstacle, l'avocat pouvant comparaître devant un membre de sa famille.
Lisez le Procédure légale d'achat de terrain au Cameroun.
e) Obligation de ne pas violer la relation fiduciaire.
Un avocat ne doit ni abuser de la confiance que son client lui accorde, ni en devenir infidèle. Il doit déclarer tout profit ou toute rémunération perçue pour son client.
f) Obligation de donner des conseils francs et honnêtes
Lorsqu'un avocat induit délibérément son client en erreur, sa responsabilité est engagée pour négligence. Par exemple, en intentant une action prescrite. Il doit éviter les actions frivoles ou celles visant simplement à harceler ou à discréditer la partie adverse. L'avocat doit informer son client de la validité de son action, lui laissant ainsi le choix.
Il ne devrait pas engager de poursuites dans une affaire dont il sait qu'elle est vouée à l'échec.
g) Obligation de garder le secret professionnel.
L'avocat est tenu au secret professionnel. L'article 60 du règlement intérieur interdit à tout avocat de divulguer des informations qui lui ont été confiées par son client.
Le champ d'application du secret professionnel pourrait être contourné de la manière suivante :
- Toutes les consultations entre l'avocat et le client
- Correspondances entre l'avocat et le client
- Parallèles entre l'avocat et son collègue
- Procès-verbaux des réunions, rapports et documents d'un dossier.
- Informations et documents confidentiels reçus dans l'exercice de sa profession
- Mais lorsque cette confidentialité n'est pas valable, l'avocat n'est pas tenu de mentir pour tromper le tribunal.
Cette règle, ou devoir de secret, s'applique également à ses collaborateurs et partenaires. L'importance accordée par le législateur camerounais au respect du secret professionnel est telle que l'article 310 du Code pénal érige en infraction pénale tout avocat qui y manque, encourant une peine d'emprisonnement de trois mois à trois ans et une amende de 20 000 à 100 000 francs CFA.
h) Obligation de suivre les instructions des clients
Les obligations se limitent ici aux instructions licites et à celles qui ne contreviennent pas à la déontologie professionnelle. Si de telles instructions sont illicites, le dossier est clos et l'avocat peut s'en retirer.
Suggestion : Coût et éléments à prendre en compte lors du choix d'un avocat au Cameroun.
i) Obligation de représenter le Client jusqu'à la conclusion de l'affaire.
Le client souhaite que son avocat commette un acte illégal, immoral ou contraire à l'éthique. Le retrait de l'avocat doit être autorisé par le tribunal et précédé d'un préavis suffisant permettant au client de consulter un autre avocat.
2. DEVOIR DU CLIENT ENVERS SON AVOCAT
Le devoir de l'avocat envers son client s'accompagne d'une obligation correspondante du client envers son avocat. Le client doit payer les honoraires convenus même s'il met fin à sa mission. Tout refus implique…
L'avocat devrait se retirer du dossier et engager une procédure de retrait.
Règles générales relatives aux honoraires professionnels
- Il convient de mandater un avocat séparément et de le rémunérer pour chaque tâche accomplie.
- Les honoraires d'un avocat ne doivent être ni surévalués ni sous-évalués.
- Un avocat n'est pas autorisé à partager ses honoraires avec quiconque autre qu'une personne ayant participé à l'affaire.
Condition d'application des frais
- a) Temps requis pour le travail et sa difficulté ; b) Si l'acceptation du poste peut empêcher l'avocat d'accepter certains emplois découlant de la transaction ;
- L’acceptation de ce poste entraînera-t-elle la perte d’un autre emploi ou des conflits avec d’autres clients ?;
- Honoraires habituels facturés par le praticien du droit pour des missions similaires ;
- Le montant en jeu dans le bénéfice qui reviendra au Client ;
- La contingence, en effet, d'une compensation ;
- Que le client soit régulier ou occasionnel.
Voir l'article 65 du Règlement intérieur.
3. DEVOIR DE L'AVOCAT ENVERS LE TRIBUNAL
a) Ponctualité
Un avocat doit être ponctuel au tribunal. Au Cameroun, les audiences débutent à 7h30. Si un avocat est en retard, le tribunal peut rejeter sa demande, ajourner l'audience avec dépens ou poursuivre la procédure.
Lorsque l’avocat est indisponible, il doit écrire au tribunal et à son collègue pour demander un ajournement à la discrétion du tribunal ;
b) Assister à toutes les séances
Un avocat n'a pas le droit de se retirer unilatéralement d'une affaire sans obtenir l'autorisation du tribunal.
L'absence répétée et non autorisée au tribunal est assimilable à un outrage au tribunal. C'est pourquoi la date d'audience est fixée en fonction des disponibilités de l'avocat et du tribunal.
c) Habillez-vous correctement
Un avocat doit être vêtu convenablement et décemment, sans ornements excessifs. La tenue ornementale des avocats de common law consiste en une perruque sur une robe noire, une chemise blanche à col montant sur un costume noir, des chaussettes noires et des chaussures noires.
En droit civil français, l'avocat porte une toque, une robe noire et une chemise blanche ornée de deux épitaphes superposées. En pratique, le code vestimentaire est beaucoup plus strict en common law.
Une avalanche de cas a été signalée où, à la demande de l'avocat de la partie adverse, des avocats en tenue inappropriée ont été sommés par le tribunal de quitter la salle ou de voir leur affaire ajournée afin de permettre à un avocat de se présenter avec une tenue correcte.
d) Maintenir le décorum
Un avocat se doit de respecter la fonction de juge. Il doit se lever à l'entrée du juge, lorsqu'il s'adresse à lui ou au tribunal, ou lorsqu'il prend la parole.
Un avocat doit adopter une posture correcte au tribunal ; il ne doit pas lire le journal pendant une audience. Un avocat ne doit pas interrompre un juge lorsqu'il parle ou prononce son jugement, et il peut quitter la salle d'audience.
Un avocat doit faire attention à son langage lorsqu'il s'adresse au tribunal ; un avocat ne doit pas critiquer ouvertement un juge, mais plutôt le signaler à l'autorité compétente.
Conseil suprême de la magistrature;
Demander le transfert de l'affaire devant un autre tribunal.
Toute tentative de sous-estimer ou de manquer de respect au juge équivaut à un outrage au tribunal punissable en vertu de l'article 154(a) du code pénal.
Il s'agit d'une obligation morale imposée aux avocats de respecter le juge, non pas pour sa personne, mais par respect pour la fonction de juge, temple de la justice.
Il est préférable de connaître la formule correcte pour s'adresser à un juge, un magistrat ou un collègue. Dans les juridictions francophones, on les appelle généralement Monsieur le Président ou Votre Honneur, indépendamment de la hiérarchie des tribunaux.
La juridiction de common law anglaise adopte une approche plus catégorisée et plus respectueuse du droit, en fonction de la hiérarchie du tribunal.
- Tribunaux supérieurs, c'est-à-dire Haute Cour, Cour d'appel, Cour suprême : Monsieur le Juge ;
- Tribunal d'instance : Votre Honneur
- Tribunal coutumier : Votre Honneur
- Collègue : Mon ami érudit ou mon aîné.
e) Préparer le dossier avec soin
Un avocat doit assister le tribunal en préparant son dossier et non l'amener à prendre une mauvaise décision.
En cas d'erreur de droit, l'avocat doit en informer le tribunal ou interjeter appel afin d'obtenir l'annulation de cette décision.
Un avocat a donc le devoir moral de préparer au mieux son dossier et d'informer le tribunal de tout projet de règlement ou d'abandon.
f) Condor et équité
Dans le cadre d'une affaire, un avocat doit faire preuve d'impartialité.
Un avocat ne doit pas citer de manière erronée une autorité ou une loi, c'est-à-dire qu'il doit assurer une divulgation complète et ne rien faire qui puisse induire le tribunal en erreur.
Suggestion : Comment devenir avocat au Cameroun.
4. DEVOIR DU TRIBUNAL ENVERS L'AVOCAT
a) Droit au public
Sauf en cas de défaut de paiement de ses honoraires, l'avocat a le droit d'être entendu. Le tribunal ne doit rien faire qui puisse le priver de ce droit.

b) Audience équitable
Cela peut prendre différentes formes :
Cela peut se produire lorsque le tribunal refuse un moyen de défense raisonnable pour obtenir un ajournement, le droit de citer des témoins ou de s'adresser au tribunal, ou tout acte ou manquement à l'impartialité de sa part. c) Non-ingérence du tribunal
Le déroulement de l'affaire ne doit pas être entièrement pris en charge par les tribunaux, c'est-à-dire l'interrogatoire des témoins, même si le tribunal peut poser quelques questions pour obtenir des éclaircissements.
Le tribunal doit être un arbitre ; il ne peut pas descendre dans l'arène.
Le tribunal devrait permettre à l'avocat de présenter sa cause de la meilleure façon possible.
Voir l'article 51 du Règlement intérieur.
Le juge peut donner des indications à l'avocat, mais sans le mettre dans l'embarras.
c) Respect de l'avocat
Le respect est réciproque. Certains juges sont très ponctuels et, lorsqu'ils arrivent en retard au tribunal, ils s'excusent. C'est excellent.
5. DEVOIR D'UN AVOCAT ENVERS SES COMPAGNONS
a) Avec le plus grand respect et la plus grande courtoisie
- Un avocat ne peut pas mépriser un collègue soumis à la règle de la préséance ; tous les avocats sont égaux ;
- N’interrompez pas votre collègue lorsqu’il s’adresse à la Cour, sauf pour une raison valable ;
- Adressez-vous à un collègue en l'appelant « mon ami savant » ;
- Le fait, pour un avocat, de faire preuve d'impolitesse envers un confrère devant le tribunal équivaut à un outrage au tribunal.
Voir l'article 48 du Règlement intérieur
Voir aussi : Meilleurs avocats et cabinets d'avocats au Cameroun.
b) Tenir ses promesses
Les promesses peuvent être orales, écrites ou comportementales.
Un avocat qui ne tient pas ses promesses est difficile à gérer. Il ne remplit pas les conditions requises pour exercer la profession d'avocat. La Cour accorde une grande importance aux déclarations faites au barreau. Cette considération ne doit pas être détournée.
c) Évitez les pratiques douteuses
Toute pratique utilisée par un avocat pour obtenir un avantage indu constitue une pratique déloyale.
L'avocat doit assurer une communication totale et réciproque de toutes les preuves documentaires et moyens de preuve avec l'avocat de la partie adverse afin de garantir le bon déroulement de la justice.
d) Égalité des avocats ou confrérie
Hormis la règle de préséance, les avocats doivent s'adresser à leurs collègues en les tutoyant.
Autrement dit, un avocat doit reconnaître tout autre avocat, qu'il exerce dans le pays où il pratique ou qu'il s'agisse d'un avocat étranger.
La confrérie repose sur une relation de confiance et de loyauté, fondée sur l'intérêt commun de leurs clients respectifs. Dans de telles situations, l'appel des clients et la justice doivent prévaloir sur celui des avocats. e) Obligation de ne pas intenter de poursuites pénales ni d'accepter de mandat contre un officier de justice.
L'article 47 du Règlement intérieur radie tout avocat qui engage des poursuites pénales ou accepte un mandat contre un confrère, un magistrat ou un officier de justice sans en avoir préalablement informé le président du barreau. Ce texte vise à instaurer un rôle de conciliateur pour le président du Conseil de l'Ordre.
e) Obligation de ne pas convertir les clients
La déontologie désapprouve toute tentative, directe ou indirecte, d'un avocat d'empiéter sur le domaine d'activité d'un autre avocat.
Pour accepter un tel mandat, un préavis doit être donné, et lors de la prise de fonction, le Conseil nouvellement constitué doit s'assurer que les honoraires de l'autre collègue ont été intégralement réglés.
L’autorité compétente en la matière est l’article 50 du Règlement intérieur.
f) Négocier avec la partie adverse
Il est d'usage que lorsqu'une partie est représentée par un avocat, toutes les communications se fassent avec ce dernier et non avec la partie adverse.
Lorsque la partie adverse n'est pas représentée, l'avocat doit s'abstenir de toute action susceptible de l'induire en erreur. Il doit au contraire la conseiller sur le droit applicable en la matière.
h) Mauvaises relations entre avocats
Ce sont les clients, et non les avocats, qui sont parties au litige. Quelles que soient les animosités qui puissent exister entre clients, elles ne doivent pas s'étendre aux confrères avocats.
6. DEVOIR ENVERS L'ADVERSAIRE
Un avocat doit éviter d'intenter une action civile ou une défense fondée sur le harcèlement, le préjudice ou l'oppression de la partie adverse. Cela inclut les questions posées lors des contre-interrogatoires. Dans de tels cas, la partie adverse bénéficie de la protection du tribunal.
7. DEVOIR ENVERS L'ÉTAT DU CAMEROUN
Obligation de respecter la loi
- Un avocat est un ministre du temple de la justice et doit faire respecter la loi ;
- Un avocat ne doit pas participer à la commission ou à la dissimulation de transactions illégales ;
- Un avocat est tenu de signaler la conduite de toute personne impliquée dans des transactions illégales (même un confrère).

8. DEVOIR DE L'AVOCAT DANS LES AFFAIRES PÉNALES
La Constitution du Cameroun garantit le droit à un procès équitable. Dans ce contexte, même le criminel le plus dangereux a droit à une représentation légale. L'avocat est tenu d'accepter ce mandat. C'est pourquoi l'article 9 du Règlement de déontologie professionnelle en Angleterre et dans les autres juridictions de common law prévoit :
“ La responsabilité première du ministère public n’est pas d’obtenir la condamnation de l’accusé, mais de garantir que justice soit rendue. Le ministère public doit présenter tous les faits au tribunal de manière juste et impartiale. Il ne doit pas dissimuler les preuves favorables à la défense. Après la condamnation, le ministère public ne doit pas requérir la peine maximale. “ (ENAHORO c. ÉTAT)
Devoir de l'avocat de la défense
La responsabilité première de l'avocat de la défense n'est pas d'obtenir l'acquittement de l'accusé, mais de garantir que justice soit rendue ; on ne peut attendre de lui que de faire de son mieux et de présenter tous les moyens de défense possibles. Tel est l'esprit du récent Code de procédure pénale camerounais, qui s'inspire à 801 % de la pratique et de la procédure de la Common Law et à 201 % de l'école napoléonienne.
9. DEVOIR DE L'AVOCAT DANS LES AFFAIRES CIVILES
Un avocat ne doit pas mener une affaire ou une défense dans le seul but de harceler, d'embarrasser ou de nuire à la partie adverse. Par conséquent, lorsqu'un avocat commet une faute dans l'exercice de ses fonctions, sa responsabilité est engagée pour négligence. En conséquence, toute convention excluant la responsabilité en cas de manquement est nulle. Toutefois, la responsabilité pour négligence d'un avocat n'est pas engagée dans les cas suivants :
- Où les services sont offerts à titre gracieux
- La négligence est commise par un avocat dans la conduite même d'une affaire devant le tribunal.
10. DEVOIR ENVERS LA PROFESSION
a) Obligation de ne pas provoquer de litige
Un avocat ne devrait pas conseiller d'engager une procédure judiciaire, ni, par exemple, de rechercher des titres de propriété défectueux au registre foncier en vue d'intenter une action en justice.
b) Règle contre la publicité et le démarchage
- Un avocat ne devrait pas distribuer ses cartes de visite, par exemple, dans un Square ;
- Publicité indirecte dans un journal ou un magazine ;
- La publication dans des listes juridiques réputées, des revues, sur Internet, contenant la biographie de l'avocat est autorisée ;
- Les interviews dans les journaux, à la radio et à la télévision ne devraient pas être considérées comme un moyen de promouvoir ses services.
- L'enseigne doit être de taille modérée : pas de néons ; un avocat ne doit pas porter son col, son plastron ni sa robe en dehors du tribunal ; il ne doit pas inciter les musiciens à chanter ses louanges ; il peut publier des annonces dans les journaux, mais sans rémunération ; il peut publier des avis de changement d'adresse de son cabinet.
Voir aussi : Examen du barreau au Cameroun.
Conclusion
Les devoirs et obligations mentionnés ci-dessus font de l'exercice du barreau une profession prestigieuse et noble. C'est pourquoi l'admission au barreau est une vocation et non un recrutement ordinaire.
Ceci explique pourquoi, lors de sa cérémonie de prestation de serment, l'avocat jure ainsi :
“ Je jure, en tant qu'avocat, d'exercer mes fonctions de conseiller de la défense… en respectant la déontologie de ma profession et en témoignant du respect dû aux tribunaux et aux lois de la République. ” L'expérience a démontré qu'un avocat compétent ne peut remplir ses obligations que de la manière décrite ci-dessus. Et cela n'est possible que sous la supervision rigoureuse d'un barreau crédible, déterminé à préserver le caractère noble de la profession, apparemment menacé par ceux qui manquent à leurs devoirs déontologiques.



